La tour dite carrée serait la partie la plus ancienne la maison, datée entre le XIIème et le XIVème siècle. De ce que nous savons, elle n’a été que très peu réaménagée, mais elle présente plusieurs caractéristiques étonnantes.
Environnement
La première est sa situtation géographique, pourquoi un tel édifice a-t-il été construit ici ? En effet, cette tour est placée dans une pente, ce qui rend l’intérêt défensif quasi-nul, surtout avec les positions dominantes des châteaux alentours (Connezac, Au Cors…). Des hypothèses sur la présence de fer et d’eau dans la région peut être un argument suffisant pour justifier la présence de l’édifice, mais aucun document ne permet de le valider.
En regardant de plus près les plans de la tour, on constate une forme non pas carrée, mais en fer de lance, et orientée suivant les points cardinaux, la pointe étant dirigée plein sud. La forme et l’orientation suggère que l’architecte avait une motivation particulière, et voulait sûrement désigner un point particulier, mais lequel ?
Structure intérieure
La stucture interne des pièces est aussi intrigante. En effet, la tour étant construite en fer de lance, il serait logique de retrouver cette forme dans les pièces intérieures, il n’en est rien : de la cave au grenier, elles sont de forme carrée, ce qui implique donc une épaisseur des murs différentes suivant les côtés, compliquant d’autant la construction.
On remarque en plus que des réduits ont été aménagés dans la pointe de la tour à chaque étage, sûrement pour gagner de la place, avec toutefois une particularité pour la cave : il n’est accessible que de l’étage au-dessus, donc par le haut. Ce qui suggère une oubliette.
La gargouille
Par ailleurs, comme vestige de l’ancienne terrasse, il ne reste qu’une gargouille. Cette dernière représenterait un humain manchot au lieu d’un animal, elle est protégée par un surplomb, et l’eau s’écoule par la gorge, et non pas par la bouche. Dans l’icônographie moyennageuse, le manchot est un symbole de savoir, ce qui pourrait expliquer sa présence ici.
L’heptagone
Enfin, il faut mentionner l’élément le plus intéressant de la maison : un assemblage de pierres taillées sous la forme d’un heptagone régulier. Sa conception est un exploit mathématiques et géométrique : construire un tel polygone n’est pas aisé car sa construction même repose sur Pi, rendant impossible une solution exacte.
Or, en regardant de plus près, et en s’intéressant aux dimensions de la tour, un lien peut être établie entre cet heptagone et la tour : des proportions au format 4/3 (valeur approchée du nombre d’or), et le centre est situé sur le grand axe de la tour.
Au final, nous ne savons pas grand chose de cet édifice, l’absence de preuve écrite rend l’ensemble encore plus floue, et ne permet que d’émettre des hypothèses sur les objectifs des constructeurs de Bellussière.

